Contrat et facturation en sous-traitance
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Pour de nombreux entrepreneurs, la sous-traitance est une étape intermédiaire rassurante, qui permet de déléguer certaines tâches tout en gardant la flexibilité de son organisation.
Mais attention : sous-traiter ne s’improvise pas et doit impérativement s’encadrer par un contrat solide et des règles précises de facturation.
Avant le contrat : la note d’intention et la proposition commerciale
La note d’intention est un document court et synthétique dans lequel le sous-traitant expose sa compréhension du projet ou de la mission proposée ainsi que sa vision pour y répondre. Son objectif principal est de convaincre le donneur d’ordre que le sous-traitant a bien saisi les enjeux et dispose des compétences nécessaires pour mener à bien la tâche.
La proposition commerciale est un document plus formalisé et précis, qui s’appuie souvent sur la note d’intention pour détailler l’offre concrète. Elle sert de base à la négociation contractuelle et conditionne souvent la signature d’un contrat de sous-traitance.
Pourquoi le contrat de sous-traitance est-il indispensable ?
Même si la tentation est grande de fonctionner « à la confiance », il est vivement recommandé de formaliser chaque collaboration par un contrat écrit. C’est une obligation légale (loi n°75-1334 du 31 décembre 1975), mais surtout une sécurité pour éviter tout malentendu, aussi bien pour le donneur d’ordre (vous) que pour le sous-traitant.
Le contrat permet de :
Clarifier les attentes et les responsabilités
Fixer un cadre pour la mission, les délais et les livrables
Anticiper les éventuels litiges
Que doit contenir un contrat de sous-traitance ?
Le contrat de sous-traitance doit comporter les mentions suivantes :
Objet du contrat : le détail de la mission confiée au sous-traitant
Identification du donneur d’ordre et du sous-traitant
Prix de la prestation
Clause d'indexation ou clause de renégociation
Délais de paiement et/ou pénalités de retard
Modalités de modification du contrat
Livraison (lieu de livraison, délais, transport et emballage)
Sanction du non-respect des délais (réduction du prix, par exemple)
Contrôle et réception des prestations
Garanties accordées au sous-traitant
Confidentialité de certaines informations transmises au sous-traitant
Propriété intellectuelle lorsque la prestation est protégée par les droits d'auteur
Clause sur le travail dissimulé pour s'assurer que le sous-traitant ne recourt pas au travail de personnes non déclarées
Date de conclusion, date d'effet du contrat
Tribunal compétent et droit applicable, en cas de litige éventuel
Le contrat doit également déterminer si le sous-traitant a une obligation de moyen ou une obligation de résultat.
S'il s'agit d'une obligation de moyen, le sous-traitant n'a pas l'obligation d'atteindre un résultat déterminé.
S'il s'agit d'une obligation de résultat, le sous-traitant s'engage à atteindre le résultat précis, concret et déterminé au contrat.
Comment se passe la facturation ?
La facturation se fait en deux temps :
Le sous-traitant vous facture sa prestation, selon un tarif horaire ou forfaitaire défini à l’avance.
Vous facturez le client final, comme d’habitude, en précisant – par souci de transparence – qu’une partie de la mission a été réalisée par un partenaire.
Points de vigilance
Transparence : informez toujours votre client si vous sous-traitez une partie de la prestation.
Responsabilité : même en déléguant, vous restez responsable du résultat final aux yeux du client. D’où l’importance d’avoir une assurance responsabilité civile professionnelle à jour et compatible avec la sous-traitance.
Obligations légales : pour toute prestation supérieure ou égale à 5 000 € HT, vérifiez que votre sous-traitant est à jour de ses cotisations sociales (attestation de vigilance URSSAF).




